Le Sherbrookois David Goudreault a remporté la Coupe du monde de poésie et de slam à Paris en 2011.

Article du Devoir La poésie comme arme militante, 26 août 2011 |Josée Blanchette | Actualités en société | Chroniques

Je suis un fier fils de la fleur de lys
Je chante ce monde qui m’enchante comme Félix
Las des idées lisses et fixes qui enlisent
Et des indécis d’ici qui s’anglicisent
Québec! Bastion francophone en Amérique du nord
Des progressistes passionnés de la trempe des forts
Qui trempent dans l’effort
C’est une lutte de faire reconnaître notre art…
De vivre! Notre culture encore vive
Au théâtre, à l’étable ou l’usine
Nobles et notables;
Nos partys de cuisine.
D’ailleurs, Toi, d’ailleurs
Bienvenue à ma table
Que tu sois noir, gai ou arabe
Et même tout ça en même temps
Ça ne m’effraie pas, ne me rends pas drabe
Je suis fils vivant d’un peuple accueillant
Je crois pas à leur panier de crabe
La peur est maintenus par les ignorants,
On ne peut haïr que l’inconnu
Alors viens me faire rire qu’on le soit plus
Que pas à pas
On passe du face à face
Au tête à tête
Qu’on efface l’égo et ses conquêtes
Qu’on quête du sens sans race
Qu’on s’enracine
Libres et en place
Comme devraient être de vrais êtres
Qui passe de l’étrange à l’échange
Je suis fruit du mélange
Multicoolturel
De peuples qui fuient
Les marées ou qui coulent sur elle
Cycle des siècles de langues qu’on mêle
Toujours et jamais les mêmes
Un peu rouge un peu ébène un peu blême
Et bien basané par les années
Alors y a pas de recul
Bienvenue!
Y a pas de reclus
Je t’accueille!

Et à la fin du repas, repus
De fallafel, poutine ou poisson crus
On ira au bord du fleuve, prendre du repos
Comprendre le pouls humain
Dans une poignée de lendemains
Peu importe la douleur de la peau
Ou des peuples qui plient
Sous le poids d’un drap ou d’un drapeau
De Baie-Comeau au fond de l’Estrie
On brille par l’ouverture d’esprit
Et même si elle n’est pas à la mode elle
Fait de nous un modèle
Quoique les marchands en disent
Y’a pas que les marchandises
Qui ont le droit de circuler
Y’a pas que dans les circulaires
Que je veux voir les spéciaux du monde entier
Moi, je veux sortir autant que laisser entrer
Alors, il faut s’y mettre, maître chez nous
Plus jamais à genoux, le je du nous
Passera par toi
Il faut qu’on se démène
À prendre le pouvoir
Pour voir où on se mène
et apprendre à pourvoir
À nos propres besoins
Que nos ministres minimisent
Même sur nos soins ils ont mains mises
Mais dans ma maison, ma mie, mamie, sera à l’abri
Sens la brise qui souffle,
Qu’ils souffrent jusqu’à ce que brise
Leur pauvre vieux néolibéralisme
Qui nous rend un peu comateux
On en a les liens comme mous
Pourtant tous comme eux
Oubliant le bien commun
Rappelons-nous surtout
Qu’on s’est bâti les autres, les uns
Épaules métissés à la roue
Rouage d’un pays de fermiers ouverts
De citadins, citoyens d'la terre
Terre des hommes, on s’y réfère
Y reste d’autres référendums
Et ma chère soeur fière, frère, camarade ou chum,
J’espère que tu y voteras
Qu’on ne vivotera plus
Que nous vivrons plus
Que nous verrons que ce qui nous tient
Au-delà des rites, des rythmes et des écrits
C’est mon pays qui est le tien
Même que sur nos plaques sera inscrit
Je me souverain

 

Source – image : http://www.myspace.com/davidgoudreault

 

Capture d’écran 2015-04-19 à 15.59.33Le slam vous intéresse? Grand corps malade et  ♫ «Le moral nécessaire» et «Je suis un sauvage», slam free jazz

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