Particularités linguistiques du français au Québec

  

Les jurons



les registres de langue dont le registre populaire

incluant le joual et ses particularités de prononciation

Standard local
et néologismes



Tout comme l’accent, les jurons sont d’excellents indices pour identifier la provenance des personnes. Les jurons des Français sont, par exemple, bien différents des jurons des Québécois. Au Québec, l’influence du vocabulaire religieux sur les jurons est indéniable, à un point tel que juron, sacre et blasphème sont synonymes.


Un brin d'histoire - Blasphèmes et jurons


La plupart des «bons Québécois de souche» ont dans leur répertoire un éventail de jurons et de blasphèmes qu’ils utilisent à divers niveaux et selon le contexte social. Comment ces «mauvaises paroles», condamnées par l’Église depuis des siècles, ont pu si bien s’incruster dans notre culture?


[...] Au 19e siècle, le sacre devient de plus en plus présent, car c’était la façon dont le peuple pouvait réagir négativement à cette peur de l’autorité religieuse et sa domination. Ainsi, le sacre serait un phénomène propre au peuple écrasé par le pouvoir religieux. Les plus scolarisés étant souvent plus à l’abri de ce comportement. Bref, le développement du juron à connotation religieuse pourrait indiquer un rejet, conscient ou inconscient, de ce catholicisme imposé; la transgression en paroles étant plus facile que la transgression en gestes.


[...]

Révolution tranquille et conclusion

Avec la laïcisation des institutions québécoise et la baisse radicale de l’influence de l’Église catholique à compter de la Révolution tranquille, l’usage de blasphèmes, jurons et sacres se répand et parvient à se banaliser dans le langage populaire. Les universitaires qui étudient aujourd’hui le langage québécois considèrent les jurons comme l’une de ses caractéristiques. D’ailleurs, les auteurs Michel Tremblay et Jacques Godbout les ont fait entrer dans la littérature. Et que dire de la chanson, du cinéma ou des téléséries où la langue populaire «injurieuse» perce maintenant.



Source :

http://www.maisonsaint-gabriel.qc.ca/fr/musee/chr-20.php

Claude Martel : http://www.larevue.qc.ca/chroniques_un-brin-histoire-n24525.php, le mardi 9 octobre 2012



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Joual - Définition - Guide immigrer
Source : Guide Immigrer au Québec (2013)


Le joual

Source :



Les belles-soeurs - extrait 400 ans d'histoire

DOCUMENT DE FONDEMENTS POUR UNE APPROCHE CULTURELLE DE L’ENSEIGNEMENT • 2012 Cadre pancanadien pour l’appropriation de la culture dans les écoles de langue française Projet pancanadien de français langue première

DOCUMENT DE FONDEMENTS POUR UNE APPROCHE CULTURELLE DE L’ENSEIGNEMENT • 2012
Cadre pancanadien pour l’appropriation de la culture dans les écoles de langue française
Projet pancanadien de français langue première, p.27




expr québ.Immigrer au Québec, Guide pour les immigrants,2016,p.13


De l'ancien français



Formes lexicales anciennes disparues ou en voie de disparition dans le français moderne, mais encore usitées au Québec et dans certaines régions de la francophonie.



Archaïsmes

achalandage
croche (malhonnête)
dépendamment
ennuyant
garde-robe (placard)
goûter (avoir le goût de)
jambette (croc-en-jambe)
tantôt (un peu plus tôt, un peu plus tard)


Dialectarismes

bleuet (airelle)
creux (profond)
mouiller (pleuvoir)


D'emprunts...



Formes lexicales anciennes ou récentes, originaire d'une langue étrangère et intégrées dans l'usage linguistique des Québécois, avec ou sans adaptation phonétique, graphique, morphologique ou syntaxique.



...à l'anglais, aux langues amérindiennes et à d'autres langues

maringouin
coroner
drave
draveur
registraire
batterie (pile)
juridiction (compétence)

achigan
atoka
maskinongé
ouananiche
ouaouaron

cachère
taboulé
pain pita
Les mots et les noms du Québec
qui sont entrés dans Le Petit Robert 2016

2016 ➙ Égoportrait




Source vidéo et mots : tva.canoe.ca/emissions/salutbonjour/
quebecismes-dans-le-robert-2016




De néologismes



Formes lexicales anciennes ou
récentes, crées sur
le territoire québécois


aluminerie
cégépien
courriel
débarbouillette
épluchette
érablière
motoneige
piquetage
pourvoirie
babillard (tableau d'affichage)
dépanneur (épicerie de proximité)
laveuse (lave-linge)
magasinage (faire
du lèche-vitrine)
polyvalente (école secondaire)


Source: DE VILLERS, M. E.,
La Nouvelle Grammaire en tableaux,
Québec-Amérique

La diphtongaison

Dans certaines langues, la diphtongaison est systématique, par exemple en anglais dans des mots comme boy [bOI] ou fine [faIn], en allemand dans des mots comme mein [main] ou en italien dans des mots comme buono [bwOno]. L’ancien français comptait également plusieurs diphtongues; elles sont disparues en français moderne mais ont toutefois laissé des traces dans la graphie de mots comme beaufleur et fait.

Des diphtongues peuvent exister comme des particularités de certaines communautés linguistiques. Dans le français parlé au Québec, la diphtongaison est relativement fréquente, en raison de l’allongement naturel de certaines voyelles lors de leur prononciation. En effet, plus une voyelle est longue, plus elle risque d’être instable et donc d’entraîner une diphtongaison.

Source : http://www.oqlf.gouv.qc.ca/ressources/bdl.html

Exemples

corpus diphtongue

Tableau «Taux de diphtongaison par mot (en %)», tiré de: Martin Pierre, Beaudoin-Bégin Anne-Marie, GOULET Marie-Josée, ROY Johanna-Pascale, « Les voyelles nasales en français du Québec », La linguistique 2/2001 (Vol. 37) , p. 49-70
www.cairn.info/revue-la-linguistique-2001-2-page-49.htm.

 

 

 

L’alphabet phonétique international

Les voyelles 

[i]      il, vie, lys

[é]     blé, nager, été

[E]     paix, bleuet, persil, baleine

[a]     table, patte, moral

[A]     bas, pâte, drap, éclat

[O]     mort, anglophone, acropole, rhum

[o]     dos, aube, eau, rôle

[u]     roue, ct

[y]     nue, têtu

[0]     bleu, vœu, jne

[4]    beurre, meuble, œuf

[e]     le, denier, menuet

[*]     matin, plein, main

[9]     rang, dent, temps, ambre

[7]     bon, nombre

[6]    lundi, défunt, humble

Les consonnes

[p]     patrie, coupe, japper

[t]      terre, vite, thé, bette

[k]     col, qui, backayak

[b]     bas, noble, rabbin

[d]     danse, laide, additif

[g]     gauche, vague, guide

[f]     fou, veufphrase

[s]      se, ce, balançoire, tresse, ration, science

[S]     cheval, vache, schisme

[v]     vrai, trêve, wagon

[z]     zoo, azote, poison, prise

[G]     jambe, gorge, geai

[l]      lune, soleil

[R]     riz, cuir

[m]    musique, amour, gramme

[n]     nuit, sonner, bénir

[N]     gagner, ligne

[M]     curling (emprunts à l’anglais)

[‘]      (pas de liaison) héros, hache, yaourt

Les semi-consonnes

[j]      yeux, caille, pied, vrille

[w]    oui, toit, jouet

[H]     tuile, luire, nuit

 

L’Affrication

Dans le français parlé au Québec, les consonnes [t] et [d] sont généralement affriquées devant les voyelles [i] et [y] et sont prononcées [ts] et [dz], alors que devant les autres voyelles et les consonnes, elles sont normalement prononcées [t] et [d].

Exemples :

– tulipe [tsylip] (tsu-lip)

– thyroïde [tsi+Oid] (tsi-ro-id)

– endurer [2dzy+é] (en-dzu-ré)

– lundi [l6dzi] (lun-dzi)

On observe que lorsque cet enchaînement consonne + voyelle s’effectue à l’intérieur d’un mot (du [dzy], étude [étsyd], direct [dzi+Ekt], tuerie [tsy+i]), l’affrication est normale et habituelle chez le locuteur québécois.
L’affrication des consonnes [t] et [d] en français québécois suit les mêmes règles devant les semi-voyelles [j] et [H] et devant les voyelles relâchées [I] et [Y].

Source : http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/BDL/gabarit_bdl.asp?id=4467