Consignes

Sujet 1

  • Avez-vous déjà ressenti une profonde détresse ? À l’image de cette nouvelle, racontez-la.

↪ Vous utiliserez les temps du passé et porterez attention à la conjugaison des verbes.

Sujet 2

  • « C’est ainsi, grand-mère, que s’est déroulée mon initiation à la vie montréalaise, cet automne presque lointain où j’étais encore un arbuste chinois fraîchement transplanté en Amérique du Nord. » : À votre tour, racontez votre initiation à la vie montréalaise.

↪ Vous utiliserez les temps du passé et porterez attention à la conjugaison des verbes.

3 Reponses à CARNET Jaune et blanc

shahiroam@gmail.com'

Shahir Omar dit:

Cet été, j’ai ressenti une profonde détresse avec la langue, la même chose que le personnage dans la nouvelle. Ma famille, du côté de mon père, parle une langue indienne du nord qui s’appelle kutchi. De l’autre côté, ma mère parle une langue indienne du sud qui s’appelle kannada. Alors, mes parents parlent avec moi en anglais et ça c’est le début de ma détresse, celle de parler seulement une langue. Quand je suis allé au Malawi pendant l’été, j’ai remarqué ma compréhension limitée quand j’écoutais une conversation en kutchi entre mes grands-parents. J’étais très frustré parce que j’ai habité avec eux pendant sept ans et ils ne m’ont pas appris notre langue de famille!

Je me demande constamment si c’était ma faute. Si j’avais été plus attentif quand j’étais jeune et si j’avais passé plus de temps avec mes grands-parents, j’aurais pu la connaître. Le problème est que je n’apprendrai pas cette langue à mes enfants et que nous perdrons notre culture. De plus, parce que la grammaire n’a pas été instillée dans mes pensées, maintenant c’est plus difficile pour moi. Cet état de fait est tellement triste, mais c’est la vie.

Ainsi, j’ai essayé d’apprendre en écrivant une liste de vocabulaire (dix mots par jour) et je leur ai demandé de parler avec moi seulement en kutchi. J’ai trouvé que je pouvais comprendre certains mots, mais que j’avais des difficultés avec les nuances pour les conjonctions et la formation des phrases. Bien que je puisse mieux comprendre, ma détresse concerne surtout la prochaine génération de ma famille.

pml24@columbia.edu'

Pierre Lubin dit:

La convergence des couleurs
Bien déterminé, je suis venu en décembre dernier à Montréal pour que mes yeux puissent rencontrer les lettres et les mots noirs placés sur les pages blanches. A mon grand étonnement, j’ai vu la convergence et l’interaction harmonieuse des multiples couleurs.

J’ai été choqué de voir le rassemblement et le mélange du jaune, blanc, rouge et noir sur et dans le blanc en dessous du bleu tous les samedis et des fois même le dimanche pour courir, embrasser, rouler, parler, et surtout rire fort. Souvent, les rires collectifs étaient même trop forts et effrayants —mais certainement un signe de joie, de paix et de vie.

Progressivement le blanc a fondu, est parti, et a complètement disparu vers la fin du mois de mars. Il s’est métamorphosé soudainement. La pluie transparente et pure l’a remplacé. Elle a essayé incessamment de laver, de faire disparaître les couleurs, mais malheureusement ou heureusement, elle n’a pas réussi; au contraire, les couleurs — à cause d’elle —sont devenues plus brillantes et plus éclatantes. Très surpris, d’autres couleurs très exotiques et très rayonnantes sont apparues. Elles sont sorties de l’utérus de leur mère noire pour nous rendre heureux avec ses peaux rouges, oranges, pourpres, jaunes, vertes, blanches, etc. J’ai été témoin de la convergence des couleurs à Montréal.

La pluie a cédé sa place au soleil qui lui aussi a contribué en apportant vigoureusement le vert. Cette fois-ci, les couleurs de Montréal se sont réunies tous les jours pour courir, embrasser, rouler, parler, rire fort, et même manger et dormir sur le vert frais en dessous de l’union du bleu et jaune.

Dans l’endroit où j’habite, les vert ont déjà commencé à se transformer en toutes sortes de couleurs —brun, jaune, rouge, pourpre— et même ont commencé à tomber sur les vertes qui aussi se transformeront plus tard ou demain. C’est la preuve que l’automne est là et que le blanc est juste au coin de la rue. Comme les Montréalais disent tout le temps: « C’est pas grave. »

De décembre à aujourd’hui, j’ai observé l’apparition, la transformation, et même la disparition des couleurs de Montréal. C’est la preuve qu’elles sont définitivement vivantes et instables. Cependant, je ne me fais pas de souci et je dors les poings fermés, car je suis certain d’une seule chose : les couleurs convergent toujours mélodieusement à Montréal!

sin.park@mail.mcgill.ca'

Kelsey Park dit:

Quand je suis arrivée à Montréal, c’était le début du mois d’août 2009. Il faisait très humide et chaud, je me souviens que j’avais l’impression qu’il n’y avait pas assez d’air pour tout le monde dans le taxi. La première personne que j’ai rencontrée était le chauffeur de taxi. Il semblait assez gentil, jusqu’à ce qu’une vielle dame traverse la rue un peu trop lentement et qu’il perde la raison. Il a commencé à crier tous les jurons imaginables à cette vielle dame. J’étais sur le point de me sentir mal pour cette dame jusqu’à ce qu’elle passe sa tête par la fenêtre et qu’elle commence à piquer une crise. Je venais d’un petit quartier tranquille de Calgary et je n’étais pas habituée à cette franchise du centre-ville d’une grande métropole. Cependant, comme nous roulions vers ma nouvelle résidence, j’ai vu les trottoirs surpeuplés, les restaurants très vivants, les visages très joyeux et j’ai commencé à sentir la chose qui est le cœur de Montréal, l’ambiance animée, et à ce moment-là, j’ai décidé de donner une autre chance à Montréal.