Capture d’écran 2015-03-28 à 17.50.30Critique de la pièce de théâtre

Vous allez publier une critique personnelle de la pièce de théâtre Incendies écrite par Wajdi Mouawad, à la lumière du film réalisé par Denis Villeneuve, dans le carnet culturel Impression du blogue-magazine legoutdufrancais.org. Peut-être donnerez-vous ainsi aux lecteurs l’envie de lire la pièce de théâtre comme vous ?

Vous établirez des liens avec l’œuvre cinématographique de Denis Villeneuve. Aussi pourrez-vous effectuer des comparaisons et des rapprochements mais vous ne manquerez pas de mentionner ce qui vous a particulièrement plu dans la pièce de théâtre originale en développant par exemple un thème qui vous a touché et/ ou interpellé. De plus, vous présenterez la pièce de théâtre de façon à partager vos impressions et votre opinion par des exemples bien choisis. Enfin, vous donnerez un titre à votre critique qui devrait attirer l’attention du lecteur.

    • 350 mots minimum.

3 Reponses à CARNET Incendies – La pièce de théâtre

michael.tran@mail.mcgill.ca'

Michael dit:

L’apolitisme

Pour moi, un des liens entre la pièce de théâtre de Wajdi Mouawad et l’œuvre cinématographique de Denis Villeneuve est le thème de l’apolitisme. J’ai lu une entrevue avec l’auteur de la pièce de théâtre, W. Mouawad, dans laquelle il a déclaré qu’il ne voulait pas que l’histoire d’Incendies devienne une histoire de politique, à savoir, avec de partis pris politiques. D’après lui, le sujet de cette histoire est la colère quant à la condition humaine : « Incendies n’est pas une pièce sur la guerre […] sur la façon de rester humain dans un contexte inhumain ». Alors, les deux œuvres – la pièce de théâtre ainsi que le film – sont apolitiques, c’est-à-dire, que les deux ne discutent pas de problèmes à cause de la politique. Par exemple, dans les deux œuvres, le nom du pays au Moyen-Orient n’est pas mentionné, parce que W. Mouawad et D. Villeneuve ne veulent pas exprimer leur avis politique.

De plus, je trouve qu’une différence entre les deux œuvres est le langage. J’ai lu une autre entrevue avec le réalisateur, D. Villeneuve, et il a dit que, dans la pièce de théâtre, il y avait beaucoup d’images du théâtre, qui étaient très fortes et très émotives, mais qui étaient exprimées avec des mots dans le texte. Il a ajouté qu’il ne pouvait pas les traduire dans le film, parce que ces mots dans le texte appartenaient à « l’alphabet du théâtre », c’est-à-dire, le moyen d’exprimer les émotions dans une pièce de théâtre diffère largement de la façon de le faire pour un film. Alors, selon D. Villeneuve, « dans la pièce de théâtre, la violence était plus présente que dans le film, car les personnages l’exprimaient avec des mots en rafales. » D’un autre côté, dans un film, la colère et la haine se disent dans les actions et les images qui sont visuellement présentées par les acteurs, comme dans un simple regard.

En outre, je considère que les deux œuvres nous obligent à réfléchir pendant et après avoir vu le film ou après avoir lu la pièce de théâtre. J’ai vu le film avant de lire la pièce de théâtre et, en ce qui me concerne, les deux œuvres réussissent à être très émouvantes. Toutefois, j’admets que je ne pense pas qu’il y ait des aspects qui m’ont plus plu dans la pièce de théâtre originale, en particulier, que dans le film.

tanja.matheis@mail.mcgill.ca'

Tanja dit:

L’allusion au mythe d’Œdipe

Ce qui me frappe beaucoup est la référence à l’ancien mythe grec d’Œdipe que l’on trouve dans la pièce de théâtre et dans l’adaptation à l’écran par Denis Villeneuve. Dans ce mythe classique, Œdipe tue son père et épouse sa mère et pour cela, accomplit involontairement l’oracle. Le récit met l’accent sur le personnage principal masculin et crée ainsi un archétype occidental. C’est pourquoi l’intrigue et ses implications sont bien connues aujourd’hui encore. À travers l’histoire, le thème a été repris plusieurs fois, par exemple par Voltaire ou Cocteau. Dans la version moderne de W. Mouawad au contraire, l’environnement est celui d’un pays en guerre où les religions chrétienne et musulmane s’affrontent. En plus, c’est l’histoire de la mère qui est le point central. Ce changement de perspectives cause une prise de conscience de la gravité de la situation familiale parce que l’intrigue se concentre autour de l’origine de cette situation, c’est-à-dire la mère. En ajoutant la quête des jumeaux à la composition, l’auteur réussit à leur donner une voix, contrairement à la structure classique du mythe. Ainsi, les lecteurs ou bien les spectateurs accompagnent les jeunes cherchant leur identité. À la fin, tous font face à la vérité surprenante et frappante, la pilule est dure à avaler puisque le frère et le père sont identiques. Ce moment de révélation contribue également à la gravité des sentiments qu’on éprouve.

natalia.giannakopoulou@mail.mcgill.ca'

Natalie dit:

Le symbolisme

À mon avis, il y a de nombreux réalisateurs qui ont essayé d’adapter une pièce de théâtre sur grand écran et qui n’ont pas réussi. Heureusement, cela n’était pas le cas pour Incendies de Denis Villeneuve. Ce réalisateur a été capable d’adapter la pièce de théâtre, en gardant les éléments caractéristiques de l’histoire originale.
Dans les deux interprétations de l’histoire de Nawal, l’utilisation du symbolisme est cruciale. Plusieurs personnes pensent qu’il y a beaucoup de choses qui sont absentes dans le film, mais sur grand écran, il est plus facile de présenter des images au lieu de dialogues, ce qui est vraiment indispensable dans une pièce de théâtre.
Le symbole qui m’a vraiment plu s’est passé à la fin du film, quand Simon dit : « Un plus un fait deux, mais quelquefois, un plus un fait un ». La connotation de cette phrase dans le film est vraiment horrifiante mais si quelqu’un lit la pièce de théâtre cette phrase va avoir plus de sens. Cette phrase nous fait réfléchir. Dans le premier acte de la pièce de théâtre, Jeanne est très réservée et elle ne peut pas décider s’ils doivent aller découvrir leur passé au Moyen Orient. Simon, qui est tellement bavard au début de la pièce de théâtre, dit que Jeanne, qui est professeur de mathématiques, essaie toujours d’expliquer tous les événements dans la vie avec les chiffres mais cela est ni réaliste ni possible. À ce moment-là, Jeanne, essayant de lui expliquer pourquoi elle aime les mathématiques, dit : « Un plus un fait deux. C’est assez simple ». Par conséquent, il est évident que l’utilisation de cette phrase à la fin du film n’est pas une coïncidence. Cette phrase donne un sentiment d’unité entre le début de l’histoire et la fin, mais aussi entre la pièce de théâtre et le film. Selon moi, Denis Villeneuve a construit un film magnifique avec des liens utiles entre cela et la pièce de théâtre de Wajdi Mouawad.