« L’accent est peut-être exactement le lieu de la tolérance. » Alain Fleischer, linguiste

Source : L’accent, une langue fantôme et suite

Dans l’entretien L’accent, une langue fantôme à France 3, Alain Fleischer  nous fait remarquer le pouvoir de l’accent, ses modes d’apparition, sa nature infinie. Autour des concepts de langue première et langue seconde, il ouvre une problématique à un concept plutôt complexe. Son enfance dans un milieu riche en diverses langues étrangères l’a fortement sensibilisé à cette question.

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Table des matières

1. Variété d’accents parlés du français – langue première au Québec

2. Sur le territoire québécois

3. Le joual

4. Exemples de niveaux de langue au Québec

4.1. Langue populaire
4.2. Langue vulgaire  : Présence de jurons, de menaces, d’insultes ou d’allusions ou insinuations sexuelles. Contenu grossier : Matériel ou humour lourd ou grossier pouvant être considéré comme rude, scabreux ou offensif.
4.3. Langue standard
4.4. Langue soutenu : Prononciation ferme et articulée. Syntaxe et vocabulaire riche.

5. Variété d’accents parlés du français – langue étrangère – au Québec

6. Variété d’accents en France

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_____________1. Variété d’accents parlés du français – langue première au Québec

Voilà sans doute l’un des plus intrigants paradoxes de l’histoire québécoise. Du temps de la Nouvelle-France, le « parler canadien » était unanimement louangé comme une forme particulièrement pure de français. Mais quelque part entre 1760 et 1810, le monde entier s’est ravisé. Aux yeux de tous, notre accent était soudainement devenu « lourd », « sans grâce », « corrompu ». Que s’est-il donc passé entre les deux ?

Dans son livre D’où vient l’accent des Québécois? Et celui des Parisiens?, […] le phonéticien Jean-Denis Gendron, retraité de l’Université Laval, croit avoir trouvé la réponse. Source et suite : L’accent québécois sous la loupe d’un phonéticien

Le parler qc vu par les francais

Le parler québécois vu par les cousins français

Tableau tiré du journal Le Soleil, mars 2008

 

 

Les accents varient en fonction de la génération, d’un groupe d’âge, d’une époque, d’un niveau de langue – populaire, vulgaire, standard, soutenue – de la classe sociale, du niveau d’études, du domaine de travail, des différentes sphères individuelles – familiale, professionnelle, sociale, religieuses, … – du territoire, de l’influence des autres langues parlées dans son environnement.

_____________2. Sur le territoire québécois

suite à : youtube.com/watch?v=lf7kw_kKvWk

_____________3. Le joual

 

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Caricature de Serge Chapleau, LaPresse, 2006

Le joual, qu’il soit critiqué ou louangé, fait partie intégrante de l’identité québécoise. Contrairement à ce que l’on a prétendu pendant longtemps, les démêlés autour de la langue parlée n’ont pas commencé avec les Insolences du Frère Untel, en 1960. Déjà, en 1902, naissait la Société du parler français, qui tentait de sensibiliser les Canadiens français à l’usage du bon parler. C’est vraisemblablement à partir de là que s’est enclenché le débat sur la langue parlée au Québec. Le contexte dans lequel la « querelle du joual» s’est mise en branle est important puisqu’il a contribué à forger une toute nouvelle identité chez les Canadiens français, identité qualifiée de québécoise, annonçant ainsi une volonté nette de rompre avec l’identité canadienne-française traditionnelle. Si le parler joual existe encore aujourd’hui, sous différentes formes peut-être, c’est qu’il a possiblement permis à beaucoup de Québécois de ne plus avoir honte de ce qu’ils sont et de s’exprimer à leur façon plutôt que de se taire ou d’accepter de parler une langue qui ne représente pas leur réalité. Le débat reste sensiblement le même d’hier à aujourd’hui, et les commentaires et opinions sur le joual sont encore d’actualité, près d’un demi-siècle après la première sortie du Frère Untel. II semble que maintenant plus que jamais, s’attaquer au joual, c’est s’attaquer à l’élément le plus fondamental de l’identité québécoise.

Tiré du résumé du Mémoire LE JOUAL ET LES MUTATIONS DU QUÉBEC, La question de la langue dans la définition de l’identité québécoise par Alexandre Lafrenière, Département de sociologie, Faculté des sciences sociales, Université Laval à Québec, 2008Caricature de la charte

Texte de Michel Tremblay

Les Belles-Sœurs, première pièce québécoise à employer le joual, met en scène 15 femmes du Plateau Mont-Royal à Montréal, un quartier populaire (à l’époque, avant les années ’90), qui se réunissent le temps d’un après-midi chez l’une des belles-sœurs.

Entrevue en France avec l’auteur :

 

_____________4. Exemples de niveaux de langue au Québec

4.1 Langue populaire

Des marqueurs de relation 

Fred Pellerin, le conteux de St-Élie-de-Caxton


Publicité pour le Petit Robert 2013

Pierre Falardeau – Cinéaste

Plume Latraverse

Michel Chartrand – La liberté en colère

Imitation d’un adolescent (dans les années ’90)

4.2 Langue vulgaire (avec jurons)

NuditéLangage grossier➛ Pictogrammes tirés de PEGI Système français de classification des jeux.

➛ Classification selon la Commission de classification cinématographique Manitoba : http://www.gov.mb.ca/chc/mfcb/class2.fr.html

Elvis Gratton


Consultez notre section : Les jurons québécois

 

4.3 Langue standard

Gilles Vigneault

Félix Leclerc

Zachari Richard – chanteur – originaire de la Louisiane

Damien Robitaille – chanteur d’origine franco-ontarienne

4.4 Langue soutenue

Charles Tisseyre

Bernard Derome

 

Michaelle Jean

Au téléjournal : Michaëlle Jean : Les adieux de la gouverneure générale

_____________5. Variété d’accents parlés du français – langue étrangère – au Québec

Jim Corcoran

 http://tvfrancophonie.org/h264/162

Gad Elmaleh – Marocain imite l’accent québécois

_____________6. Une variété d’accents en France

Bande-annonce du film «Bienvenue chez les ch’tis»

Film réalisé par Dany Boon. Le film raconte les aventures de Philippe Abrams, directeur d’une agence dans le sud de la France a été muté pour une durée de deux ans à Bergues, dans le Nord-Pas-de-Calais.